Chronique Affaires Plus, juin 1999
Par Nicole Côté
La différence entre «faire sa job» et se consacrer à son travail, c’est la passion, la motivation.
Le plus bel exemple d’un individu motivé, c’est un amoureux. Quand on est amoureux, on est très «centré sur son objectif»: on y pense, on en rêve… On s’engage totalement, on voit la vie en rose et on a l’impression de pouvoir tout faire. C’est l’état de grâce.
Dans les entreprises, on associe rarement le travail à l’amour et au plaisir. On trouve presque normal que certains s’accrochent à la sécurité d’un emploi qu’ils détestent, que d’autres vivotent en attendant leur retraite ou acceptent de souffrir parce qu’on leur fait des offres qu’ils ne peuvent refuser.
Ne pas vivre de passion dans sa vie professionnelle c’est un peu comme être marié sans être amoureux. Bien sûr, un mariage de raison peut s’avérer pratique. Mais ceux qui s’en contentent risquent de vivre une existence sans saveur, sans couleur. Et lorsque surviennent des coups durs, la pression risque d’être difficile à supporter et l’imagination de faire défaut. À la longue, s’installe un sentiment d’insatisfaction et d’irritation. Une de mes amies me disait en boutade que lorsqu’on a peu d’attirance pour un homme, il n’est jamais assez beau, assez intelligent ni assez riche pour nous.
Ainsi en est-il du travail. Ceux qui détestent leur métier ne sont jamais satisfaits de leur salaire ni de leurs conditions de travail. Ils passent leur vie à se plaindre et à négocier. À la longue, en l’absence du feu sacré, ils deviennent frileux, ils se refroidissent. Faute de lumière, ils sont de moins en moins «allumés», s’éteignent et deviennent des éteignoirs. À force de ne plus avoir de plaisir, ils ne donnent plus de plaisir.
Il existe plusieurs raisons d’aimer son travail. La première, c’est d’aimer ce que l’on fait, d’être passionné de son métier. La seconde c’est d’aimer les gens avec qui l’on travaille, l’endroit, le type d’industrie où l’on gagne sa vie. Enfin, on peut aussi aimer le type de clientèle avec qui on fait des affaires.
S’il vous manque plus d’un élément, si vous commencez à ressentir de la lassitude et si vous vous entendez dire: «on ne peut pas tout avoir dans la vie.» ou «il y en a des pires que moi», vous êtes sans doute en manque de passion. Il se peut que ce soit passager. Mais si cet état perdure, il va falloir vous en occuper.
Pour retrouver la passion
À ceux dont la flamme vacille et qui veulent retrouver le plaisir et la passion, je suggère ceci:
• Dites-vous que vous méritez d’avoir plus et permettez-vous de rêver.
• Soyez convaincu que si votre inconscient vous transmet des désirs et des idées c’est qu’il a le budget pour les réaliser.
• Faites un retour sur le passé, sur ce qui était spontané et naturel chez vous, ce qui vous a toujours passionné, ce qui vous ressemble le plus.
• Entourez-vous de personnes stimulantes, positives, vivantes et fuyez les cyniques, les résignés et les rancuniers.
• Mettez-vous en mouvement. Allez voir ce qui se passe ailleurs, payez-vous un voyage, des cours hors de votre domaine.
• Parlez de votre projet d’amélioration de vie.
• Soyez réceptif à la nouveauté et lorsque les opportunités arrivent, plongez !
Si vous devez vous accrocher…
Il se peut qu’en raison d’une obligation, d’une situation critique ou d’un manque de confiance en vous, vous décidiez de garder un travail qui ne vous satisfait pas totalement. Voici ce que je vous conseille pour pouvoir conserver votre vitalité et votre intérêt:
• Ne restez pas assis entre deux chaises, branchez-vous une fois pour toutes. Cessez de vous poser la question du départ. Restez.
• Organisez-vous pour aimer ce que vous faites. Oubliez les inconvénients et valorisez les avantages que vous apporte votre situation.
• Investissez dans votre milieu de travail. Travaillez à l’améliorer.
• Occupez-vous de votre développement personnel. Soignez votre image. Soyez aimable avec les autres.
• Entreprenez de petits projets, mesurez vos résultats et récompensez-vous en conséquence.
Quand on parle de passion, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise c’est que pour demeurer vivant, le feu demande une attention soutenue. La bonne, c’est que le feu est magique. Quand on l’entretient, il permet de grandes choses.
